sur un thème donné, mais aussi de se former à un processus rigoureux d’examen et de délibération, acquiert une dimension pédagogique que les autres formes de consultation ne peuvent revendiquer. • La quinzaine de citoyens qui ont pris la peine de s’informer de manière objective sur une problématique souvent complexe deviennent inévitablement des vulgarisateurs, des diffuseurs d’informations crédibles dans leurs milieux. Ils rehaussent ainsi le niveau général de compréhension de cette problématique par la communauté. • La quinzaine de citoyens qui ont franchi les étapes du processus systématique d’auto-formation, d’examen, de délibération et de « consensus building » qu’exige la consultation par consensus informé ont expérimenté une méthode qu’ils pourront utiliser pour examiner de manière rigoureuse toute autre problématique complexe. La communauté a ainsi acquis un noyau de citoyens engagés, habiles à manier des outils qui pourront servir à d’autres occasions, à d’autres mobilisations. • Les autres citoyens, en constatant que des citoyens comme eux peuvent maîtriser rapidement des notions complexes, discuter « d’égal à égal » avec des experts et proposer des solutions justes et équilibrées, prennent confiance dans leurs propres capacités et sont éventuellement moins réfractaires à s’engager. « Les conférences de consensus informé mettent en jeu les fondements les plus essentiels de nos sociétés démocratiques, en encourageant la généralisation des processus délibératifs, restés trop souvent cantonnés à proximité des sphères de l’État. Non pas pour se mettre à la place des pouvoirs publics, mais pour créer au sein même des régimes représentatifs une autre logique politique qui, si elle n’a pas forcément pour conséquence directe la prise de décisions, n’en contribue pas moins à l’orienter de manière constructive et à lui donner un cadre démocratique. Les pratiques d’information, d’échange et de délibération mises en œuvre par les conférences de consensus informé, parce qu’elles permettent d’appréhender des domaines où il n’existe pas de solutions toutes faites, remettent à l’ordre du jour la capacité de proposition de la société civile. »22 Les principales limites de la CCI consultation par consensus informé n’est pas une panacée. Ce mode 1 Lad’engagement et de participation des citoyens doit être adapté au contexte politique, culturel et social du pays où il prend place. 2 La consultation par consensus informé se révélera une démarche inutile si elle vise seulement à examiner une question. La question qu’elle étudie doit s’inscrire dans un processus de décision. La CCI n’est pas une commission d’étude ou d’enquête, c’est un mécanisme d’aide à la décision. ne faut pas s’attendre à des résultats immédiats, la semaine suivant la 3 Ilprésentation des recommandations. Le comité de citoyens peut bien réussir à délibérer, formuler ses recommandations et les publiciser en trois jours, mais ce n’est habituellement pas là le rythme de l’appareil politique et administratif… faut pas s’attendre à des résultats spectaculaires. Toutes les recommandations 4 Ildunecomité ne seront pas nécessairement adoptées, et si elles le sont, elles seront peut-être modifiées ou édulcorées. 22 Petitjean, O., 2000 49 ">
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